Lors des précédentes époques, les premières préoccupations sont le maintien du chien en bonne santé pour bien souvent une source de profit.
À ces époques, nous sommes loin de parler de bien-être animal. La médecine est exercée de façon très rudimentaire, avec des méthodes mêlant technicités et souvent magie et croyance.
Sur la même lignée que mon précédent article « l’élevage canin et l’évolution du chien toute une histoire », je fais un condensé de l’article de Jean-Hugues DECAUX qui nous parle des soins et des remèdes prodigués aux chiens pendant le Moyen Âge et l’Antiquité.
⚠️ ATTENTION : Les soins décrits dans cet article ne sont pas à reproduire. Cet article est à destination de votre information.
Lorsque nous lisons l’article on peut se demander dans quelles conditions les chiens ont pu passer les différentes époques. Nous n’avons pas connaissance de leur espérance de vie mais on peut se dire que celle-ci ne devait pas être très élevée. Il fallait que les chiens soient sacrément costauds. On peut en déduire que les chiens les plus forts survivaient et les plus faibles étaient appelés à disparaître. Si aujourd’hui la médecine vétérinaire est largement reconnue, il aura fallu des années, de la ténacité et du génie pour qu’elle devienne ce qu’elle est aujourd’hui et heureusement pour le bonheur de nos chiens et de nous-mêmes.
Le Moyen Âge et la Renaissance : Croyance divine pour le chien
Au Moyen Âge on croyait en Saint Hubert, le saint patron des chasseurs. Il était censé protéger les meutes de chiens des maladies, surtout de la rage. Les éleveurs lors de la messe du 3 Novembre de chaque année lui demandaient protection et chance pour leurs chiens.
À la Renaissance, on accouplait les chiennes sous les signes du Gémeaux ou du Verseau. On pensait que les chiens conçus sous ces deux signes n’étaient pas sujets à la rage et qu’il y avait plus de mâles que de femelles lors des naissances.
Quels remèdes étaient utilisés pour soigner les chiens
Les chenils étaient entretenus par un éleveur. Pour être un bon éleveur, celui-ci devait connaître plusieurs symptômes différents. Au Moyen Âge et à la Renaissance, on pratiquait une gestion des maladies plus efficace et de meilleures guérisons qu’à l’Antiquité.
À l’Antiquité : Les soins en matière de vermifuge du chien étaient sous forme de graine de courge et de carotte. En guise d’antiparasites externes, on utilisait des copeaux de résineux jaunes que l’on plaçait autour des litières.
La fleur de soufre : Elle était souvent utilisée dans les différents remèdes. Elle était mélangée soit à du lait pour soigner les chiens qui tremblaient ou maigrissaient, soit à de l’huile d’olive pour soigner les maladies de peau (telle que la gale). Afin de combattre les parasites, on la déposait dans les litières. La fleur de soufre était aussi utilisée à titre préventif tous les 15 jours pour atténuer d’autres symptômes ou pour purger les chiens.
Les soins invasifs : En plus de ces traitements, on posait des emplâtres de poix entre les deux yeux du chien ou on appliquait un séton (sorte de drain) en dessous des oreilles du chien.
Pour les vers intestinaux : On utilisait les graines de courge que l’on mélangeait à des huiles essentielles (arbre à thé ou thym).
Les plantes toxiques : Lorsque dans les remèdes on employait certaines plantes qui incommodaient les chiens (telles que les jacinthes, les violettes ou certaines plantes toxiques), le lait de ces plantes était extrait et donné à boire aux chiens.
Coup de fatigue : Lorsque le chien avait un gros coup de fatigue, le repos était imposé avec une légère saignée et quelques lavements. Puis, on lui faisait boire de l’eau mélangée à du lait pendant 3 jours.
Morsure de vipère : Si le chien était mordu par une vipère, on baignait la patte dans un bain d’alcali volatil en ayant pris soin auparavant de faire saigner la plaie.
Piqûre de frelons ou guêpes : On appliquait de l’alcool volatil.
Brûlure : On arrosait le chien d’eau froide. On appliquait ensuite une lotion avec une décoction de graine de lin et de tête de pavot ou on appliquait des cataplasmes d’émollients laudanisés.
Boiterie et fracture : Lorsque le chien boitait, on frottait son membre boiteux avec de l’essence de térébenthine plusieurs fois par jour. En cas de fracture, on battait des blancs d’œufs avec de l’eau de vie et on appliquait ce mélange sous forme de cataplasme sous une attelle ajustée avec un bon bandage. L’attelle était retirée 6 semaines après. On rééduquait progressivement le chien.
Hygiène corporelle du chien
Le savon noir était utilisé pour nettoyer le chien, qui était lavé une fois par mois. En cas de plaies, il était ajouté à cette eau savonnée de l’alun, de l’eau de vie camphrée, du vin et de la teinture d’aloès. La teinture d’aloès faisait fuir les insectes attirés par les plaies suintantes.
Pour les coussinets irrités, on appliquait un mélange d’huile et de vin ou une couche de suif. Parfois, on appliquait des cataplasmes d’astringents de terre glaise avec du vinaigre, du sulfate de fer, du blanc d’Espagne ou de la suie, du sel.
Pour les oreilles, de l’huile de coco était utilisée pour le nettoyage (ce qui est fortement déconseillé de nos jours). En cas de douleur, de l’huile de laurier chaude était introduite dans le conduit auditif.
Accouplements et gestation des chiennes
Lorsque la chienne était en chaleur, on lui faisait souvent prendre des bains dans la rivière. Pour protéger de la rage les chiens issus des accouplements, on privilégiait d’accoupler les chiens et les chiennes sous les signes du Verseau ou du Gémeaux. On pensait également obtenir plus de chiots mâles que de chiots femelles.
Lorsque les petits étaient nés et qu’ils commençaient à voir (c’est-à-dire à partir de 10 jours), ils étaient nourris de lait de chèvre ou de brebis avec un jaune d’œuf jusqu’à leurs 10 mois. Les chiots n’étaient pas séparés de la mère avant deux bons mois.
À partir de leur 10ème mois, ils étaient nourris au régime du chenil : à savoir un pain composé d’1/3 de froment, 1/3 d’orge et 1/3 de seigle. En dehors de la chasse, on leur donnait de la viande équine (chevaux, ânes, mules). Cette viande était dépouillée de leur peau car les éleveurs ne souhaitaient pas que les chiens prennent connaissance de la nature des animaux qu’ils consommaient.
Les bons éleveurs complétaient cette alimentation par des potages faits de chairs de chèvres et de têtes de bœuf.
(Source : Jean-Hugues DECAUX)
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