L’ouverture de la chasse approche ou est déjà là, et avec elle, une source d’inquiétude légitime pour de nombreux propriétaires de chiens. Comment continuer à profiter des balades en forêt, dans les bois ou en campagne sans mettre son compagnon (et soi-même) en danger ?
Le partage de la nature en automne et en hiver demande une vigilance accrue. En tant qu’éducateur canin et comportementaliste, je vous propose un guide pratique pour traverser cette période sereinement, en protégeant votre chien tout en préservant ses besoins de dépense.
📌 Ce que vous allez découvrir dans cet article :
Connaître les jours et zones de chasse pour mieux anticiper.
Équiper son chien et s’équiper soi-même pour être visible.
L’importance du rappel et le contrôle des instincts de prédation.
Laisse, longe ou liberté : comment adapter la promenade.
Que faire si vous croisez des chasseurs ou si vous entendez des coups de feu.
1. Se renseigner avant de partir : la règle d’or
Avant même d’enfiler vos chaussures de marche, le premier réflexe est de s’informer. La nature appartient à tout le monde, mais la sécurité repose sur l’anticipation.
Les dates et jours de non-chasse : Selon les départements (notamment en Charente et régions limitrophes), il existe des jours d’interdiction de la chasse ou des jours de trêve (souvent le mardi ou le jeudi, parfois le vendredi selon les arrêtés préfectoraux). Privilégiez ces journées pour les grandes balades en forêt.
Les applications et sites utiles : De nombreuses fédérations de chasse ou applications mobiles (comme Chasseco ou les cartes locales) répertorient les zones de battues en temps réel. N’hésitez pas à consulter le site de la mairie ou de la fédération départementale des chasseurs de votre lieu de promenade.
Les panneaux de signalisation : À l’entrée des chemins forestiers, guettez les panneaux temporaires indiquant « Battue en cours » ou « Chasse en cours ». Si vous en voyez un, faites demi-tour. Ne prenez aucun risque.
2. Être visible et audible : l’équipement indispensable
En période de chasse, la discrétion est votre pire ennemie. Le manque de visibilité (surtout par temps de brouillard, sous les arbres ou en fin de journée) augmente les risques d’accident. Vous et votre chien devez être repérables de loin.
Pour votre chien :
Le gilet de signalisation fluo : C’est l’accessoire numéro un. Choisissez un gilet orange ou jaune fluorescent, léger et adapté à sa morphologie.
Le collier ou harnais réfléchissant : En complément, un équipement équipé de bandes réfléchissantes est idéal si la luminosité baisse.
La clochette ou le grelot : Attacher une clochette à son collier permet aux chasseurs (et à leurs chiens de chasse) d’entendre que votre animal n’est pas un gibier. Le bruit métallique continu signale immédiatement une présence domestique.
Pour vous-même :
Ne sortez jamais sans un vêtement voyant. Un gilet de sécurité fluo (type sécurité routière) ou une veste technique orange vif est indispensable. Oubliez les vêtements sombres, marrons ou kaki qui se confondent avec la végétation.
3. Maîtriser le rappel et l’instinct de son chien
Les odeurs de gibier sont particulièrement fortes en automne. Un chien, même habituellement obéissant, peut rapidement disjoncter s’il l’on lève un lièvre, un chevreuil ou un sanglier.
Travailler un rappel d’urgence : Le rappel doit être parfait. Si vous sentez que votre chien est trop distrait, excité par les pistes ou qu’il ne revient pas immédiatement au premier coup de sifflet, ne le lâchez pas.
Gérer la prédation : Un chien qui part en poursuite derrière un animal sauvage risque non seulement de se perdre, mais aussi de traverser une ligne de tir ou de croiser la route d’une meute de chiens de chasse. Si votre chien a un fort instinct de chasseur, la vigilance doit être doublée.
4. Laisse, longe ou liberté : que choisir ?
Pendant ces quelques mois, il est parfois nécessaire de revoir ses habitudes de promenade pour garantir une sécurité totale.
La longe (5 à 15 mètres) : C’est le compromis idéal pour la période de chasse. Fixée sur un harnais confortable, elle offre à votre chien une semi-liberté pour renifler et se dépenser, tout en vous garantissant de garder le contrôle physique s’il tente de s’enfuir après une odeur ou si des détonations retentissent.
La liberté sous haute surveillance : Si vous décidez de lâcher votre chien (uniquement dans les zones sans danger immédiat et les jours sans chasse), gardez-le impérativement dans votre périmètre visuel (à moins de 15-20 mètres). Un chien qui s’enfonce seul dans les fourrés ou les sous-bois court un danger direct.
5. Réagir correctement sur le terrain
Si vous entendez des coups de feu ou des chiens courants :
Ne paniquez pas, mais agissez vite. Rappelez immédiatement votre chien et attachez-le (en laisse courte). Éloignez-vous calmement de la zone en rebroussant chemin. Ne cherchez pas à couper à travers bois, restez sur les chemins principaux et balisés.
Si vous croisez des chasseurs :
Manifestez votre présence poliment. Un simple « Bonjour » à voix haute permet d’indiquer votre position aux personnes postées. Gardez votre chien au pied ou assis le temps que vous passiez à leur niveau. La courtoisie et la communication restent les meilleures manières de partager l’espace public en toute intelligence.
🎯 En résumé : La période de chasse demande de la flexibilité. En adaptant vos horaires, en équipant votre chien de fluo et d’une clochette, et en privilégiant l’usage de la longe dans les bois, vous continuerez à offrir de belles balades stimulantes à votre compagnon en toute sérénité !
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