(Mis à jour le : 17.02.2024)
S’il y a un sujet qui est très souvent abordé, c’est bien celui-là : la dominance du chien, voire du chiot ! Entre 2022 et ce jour (17.02.2024), vous avez été plus de 460 % à consulter mon article, soit 4 100 personnes. C’est dire que vous vous posez la question.
Chacun donne son propre avis sur ce sujet délicat. Cependant, il convient de clarifier certains points afin d’utiliser les bons termes et ainsi d’arrêter de donner à nos chiens des superlatifs qu’ils ne méritent pas. Il grogne ? Il est dominant. Il présente son ventre ? Il est soumis.
Avant de parler de dominance ou de soumission chez le chien, il faut connaître et comprendre des points essentiels : Qu’est-ce que la dominance ? D’où vient-elle ? La hiérarchie chez le chien, les signes, l’éducation.
Cet article est écrit sans jugement, sans parti pris. Il est là pour informer, éclairer et partager.
LA DOMINANCE DU CHIEN, C’EST QUOI ?
Définition de la dominance dans le dictionnaire : « fait de dominer », c’est une explication un peu courte. Donc c’est quoi la dominance ? C’est une relation entre deux individus, l’un prend le dessus sur l’autre dans le but de le soumettre, et cela systématiquement.
Ensuite, il faut bien distinguer la dominance intra-spécifique et la dominance inter-spécifique : c’est-à-dire pour la première, entre individus du même groupe (entre chiens) et pour la seconde, entre individus de groupes différents, par exemple : la dominance d’un chien sur son maître.
D’OÙ VIENT LA NOTION DE DOMINANCE CHEZ LE CHIEN ?
C’est en observant des loups en captivité que le scientifique Rudolph Schenkel démontrait que les loups étaient en conflit permanent pour gagner une place et des privilèges.
On évoquait les fameux :
Mâle alpha : mâle dominant qui gère le groupe, mange le premier, est le seul à se reproduire et rappelle son rang au travers de violentes bagarres.
Mâle Oméga : le loup dominé, celui qui mange en dernier.
Il faudra attendre les années 70 pour constater des contradictions dans cette étude. Des études réalisées sur des hordes sauvages vivant en famille constataient très peu d’agressivité mais plutôt des rites de soumission. Ce qui est tout le contraire des premières observations. Il convient de préciser que les premières observations avaient été faites sur des loups en captivité, sans aucun lien de parenté, obligés de vivre ensemble dans un espace trop petit pour eux. Ils avaient été observés uniquement aux moments des repas, qui étaient sources de conflits et de tensions au sein de la meute.
LA HIÉRARCHIE CHEZ LE CHIEN
On ne peut pas évoquer la notion de la dominance chez le chien sans penser ou évoquer la hiérarchie. Il est totalement impossible de rapporter la hiérarchie des loups à nos chiens. Leur évolution, leur domestication les ont modifiés. Les chiens ne sont pas des loups et leur fonctionnement est bien différent. Ils sont socialisés. Ils recherchent la présence de l’homme, alors que le loup non.
La hiérarchie a également évolué. Nos chiens ne connaissent pas la hiérarchie où le mâle alpha mange en premier ou passe les portes le premier. Les foyers où cohabitent plusieurs chiens ensemble sont souvent différents de par les tailles, les âges, les caractères. Le groupe le plus souvent recherche rapidement la stabilité afin d’éviter les conflits.
S’il y a conflits entre les chiens, ceux-ci porteront sur un problème de gestion d’environnement comme par exemple un os à mâcher, un jouet, le panier, la ou les faveurs du maître : « Qui aura la préférence et quoi ? ». Les conflits pourront également être dus à un problème de communication canine, un manque de compréhension des codes canins, le non-respect de la hiérarchie, ou la non-mise en place de règles et d’un cadre.
LES SIGNES QUI FONT PENSER AU MAÎTRE : « MON CHIEN EST DOMINANT »
Son chien grogne sur un chien qu’il croise : Il est forcément dominant avec les autres chiens. On ne pense pas qu’il peut être inquiet ou qu’il ne connaît pas les codes canins. Il est peut-être temps de participer à des cours d’éducation canine collectives afin de le socialiser et qu’il apprenne à comprendre ses congénères.
Un chien qui grogne sur les congénères de son groupe ou sur son maître : On ne pense pas à une mauvaise gestion de l’environnement, à une hiérarchie non mise en place ou peu mise en place. Malheureusement, certains maîtres penseront à soumettre leur chien. Ce qui ne résout absolument pas le comportement de leur compagnon, bien au contraire.
Un chien qui saute sur tout le monde ou qui chevauche ses congénères ou les humains : Il ne manque pas du tout d’éducation canine ! Il fait partie de ces chiens en recherche de position hiérarchique dans son environnement.
Précision importante suite aux retours de lecteurs : Certains comportements canins sont souvent apparentés à de la dominance par les maîtres alors qu’ils ne relèvent en rien de cela :
Mordiller les mains de son maître : S’il s’agit d’un chiot, il convient d’éduquer ce comportement qui deviendra gênant lorsqu’il sera adulte.
S’interposer entre le maître et la maîtresse ou adopter une attitude s’apparentant à de l’agressivité (grondements, mordillements des chevilles, etc.) en présence d’un autre membre de la famille dans la maison.
Ne jamais s’arrêter de jouer jusqu’à en oublier de dormir.
Un chien qui aboie beaucoup.
Selon les cas, il ne s’agit pas de dominance mais de Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC), d’un trouble du comportement lié à l’anxiété de séparation d’avec son maître, ou encore de l’hyperactivité chez le chien.
Le cas du chien qui montre son ventre : À contrario, un chien qui se couche sur le dos et montre son ventre sera considéré automatiquement comme un chien soumis. Cela n’est pas toujours le cas.
Exemple 1 : Vous passez à côté de votre chien, il capte votre regard et se positionne sur le dos. Vous vous déplacez et lui caressez le ventre. C’est vous qui vous mettez en position de « dominé ».
Exemple 2 : Si vous appelez votre chien, qu’il se déplace vers vous et vous montre son ventre. À ce moment-là, si vous le caressez, vous êtes en position de « dominant ». Dans les deux cas, votre chien vous montre son ventre, mais l’interaction est différente.
Montrer les dents n’est pas non plus un signe de caractère ou de dominance. Bien au contraire. C’est tout simplement une forme de communication : bonne ou mauvaise, mais c’est de la communication. On n’imagine pas toujours que son chien puisse avoir des soucis de comportement qui provoquent du stress ou un mal-être chez lui.
Si vous êtes le leader, le chien ne prendra pas les décisions à votre place. Donc c’est à vous que reviennent tous les actes hiérarchiques. Parfois certains maîtres sont fiers lorsque leur chien « soumet » un congénère en le chevauchant, en le grognant ou en le harcelant. Ils éprouvent même parfois de la fierté lorsqu’il « gagne », comme ils disent.
Le chien est un opportuniste. Il recherche ce qui est le plus agréable pour lui, comme par exemple dormir sur le canapé parce que c’est plus confortable que son coussin. S’il aboie à la porte pour rentrer ou sortir de la maison, c’est tout simplement qu’il s’est aperçu que son maître s’exécute dès qu’il le demande.
QUELLE ÉDUCATION CANINE POUR UN CHIEN DIT « DOMINANT » ?
La relation entre l’homme et le chien doit être respectueuse et harmonieuse. Si votre chien grogne lorsque l’on s’approche de sa gamelle ou lorsqu’il fait pipi sur le tapis, ce n’est pas de la dominance. Il est important d’analyser la situation et de comprendre le comportement de son chien.
Adopter une éducation coercitive est une très grave erreur et ne doit surtout pas être envisagée. Il faut adopter une éducation canine positive.
Votre chien ne doit pas vous écouter par peur. Le rappel de votre chien doit se faire avec joie et non par crainte. C’est à vous de mettre en place — ou de vous faire aider pour mettre en place — des règles et des limites acceptables et prévenantes vis-à-vis de votre chien.
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